DROITS HUMAINS AU BÉNIN : les contours juridiques d'un concept qui protège chaque être humain
30 octobre 2026 · 14h175 min655 vues
L'histoire de l'humanité a été jonchée d'actes de négation et de bannissement de la personne humaine et de sa dignité, plongeant ainsi le monde dans la consternation et la honte. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la question des droits humains n'était pas unanime quant à sa conception et a pris une autre tournure vers leur protection. C'est ainsi que le droit positif interne, des instruments juridiques nationaux et internationaux, des organisations internationales relevant du domaine ont posé des bases pour limiter la violation des droits de la personne humaine.
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En effet, le concept de droits humains n'est pas unanime et peut s'appréhender dans plusieurs sens.
Des droits innés : ce que nul ne peut vous retirer
Premièrement, l'homme, du seul fait qu'il est humain, jouit de droits inaliénables. Ces droits moraux découlent de ce que chaque homme est un être humain. Ils visent à garantir sa dignité. Ils déterminent la personne humaine sans l'appui d'un texte juridique obligatoire. Ces droits moraux sont inaliénables, imprescriptibles, symbolisés et inventoriés par la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948. Celle-ci n'a qu'une portée morale, donc ne lie pas les États. Elle rappelle à l'humanité et aux États les droits qui sont attachés à la personne humaine, protégeant ainsi sa dignité. Elle poursuit l'idéal d'un monde de paix, d'égalité, de liberté, de justice, bref, un idéal de développement humain sans exclusive.
Des engagements qui lient les États
Dans un second temps, il existe des droits institués conformément aux règles juridiques en vigueur dans les sociétés tant nationales qu'internationales. Ces droits renvoient au droit positif et trouvent leur fondement dans l'ordre naturel ou moral, comme dans le premier cas, mais dans le consentement des gouvernés, c'est-à-dire des sujets de droit. Ce sont des lois internes et externes relatives surtout aux droits de l'homme. Ce sont des textes juridiques nationaux protégeant la personne humaine et ses droits sous la juridiction de leurs États. Dès lors qu'un État signe ces derniers (traités, pactes ou conventions), celui-ci ne peut plus se dérober. Ils deviennent un contrat, une règle du jeu qu'il faut respecter sous peine de sanction. [Phrase sans sujet :] justifie la nécessité pour les États de respecter ces droits en raison du caractère réservé à un être humain. En Afrique, ces droits humains sont fidèles au système purement noir ; c'est ce qui ressort de l'ouvrage intitulé « Droit international et africain des droits de l'homme » du juriste constitutionnaliste et international béninois, spécialiste des droits humains, Professeur Jean-Nazaire Tama, enseignant de droit public à l'Université de Parakou. L'auteur défend que « l'Afrique n'a pas copié les droits de l'Occident. Elle a créé son propre droit, plus complet, avec la Charte africaine des droits de l'homme », a-t-il déclaré. De plus, l'État est la vitrine en matière de respect, de réalisation et de protection des droits humains.
Une définition, des droits pour tous, sans exception
En d'autres termes, les droits de l'homme, encore appelés droits de la personne humaine ou droits humains, peuvent être définis comme étant des droits inhérents à tout être humain sans distinction aucune, notamment de race, de sexe, de culture, de religion, de langue, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Ils sont inséparables, c'est-à-dire qu'ils ne sauraient se dissocier de l'humain, et sont indispensables au plein épanouissement de la personne humaine. Pour renchérir, l'expert explique que « le système occidental protège surtout l'individu contre l'État. Le système africain lui ajoute les droits des peuples, à savoir le droit au développement, à la paix, aux ressources naturelles, le devoir de l'individu envers la famille et la communauté, la philosophie Ubuntu qui signifie “Je suis parce que nous sommes” », a-t-il ajouté.
Au Bénin, des droits gravés dans la Constitution
Après les grandes assises nationales dénommées Conférence des forces vives de la Nation, tenues du 19 au 28 février 1990 à l'hôtel Plm Alédjo de Cotonou, le Bénin s'est doté d'un pacte social instituant ainsi la Constitution. Celle-ci consacre, en son titre II, une partie dédiée à la protection des droits humains, catégorisés en trois générations. La dignité de la personne humaine a été définie par des textes qui garantissent son respect régulier. De son côté, Sanni N., enseignant de philosophie au secondaire, n'a pas manqué de rappeler l'importance des droits humains pour la société, car, selon lui, « lorsque les droits humains sont respectés, la dignité de la personne trouve toute sa plénitude. Et c'est la condition sine qua non pour le développement », a-t-il clarifié.
La charte née des cendres de la guerre
Les droits humains ont été véritablement reconnus et proclamés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La matrice du droit international des droits de l'homme est issue de la Déclaration universelle des droits de l'homme (Dudh) du 10 décembre 1948, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies (Nu) sur proposition de la Commission des droits de l'homme des Nu, appelée de nos jours Conseil des droits de l'homme (Cdh). La Dudh n'est rien d'autre qu'un ensemble juridique connu sous le nom de Charte internationale des droits de l'homme. Elle comprend le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de la même date, le protocole facultatif se rapportant au pacte civil et politique et le protocole facultatif relatif à l'abolition de la peine de mort.
Le bilan des droits humains au Bénin
Les droits humains au Bénin sont mitigés : c'est ce qui ressort du rapport annuel 2025-2026 du 21 avril 2026, publié à Cotonou par Amnesty International.
N'tcha Théodore OPARA
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